[TERMINE] Concours de nouvelles de Printemps

Pour les superbes concours de Shamandalie <3

Modérateurs : Jeu, Communication, Illustration

Verrouillé
Khidarion

[TERMINE] Concours de nouvelles de Printemps

Message par Khidarion »

En troisième place, Talgya:

La Quête de Tsurann

Il était une fois une éleveuse, nommée Talgya, qui vivait paisiblement avec sa jeune dragonne sur l'île de Dragonea. La jeune femme avait vu naître la petite boule d'écaille et de duvet rose ; elle l'avait nommée Tsurann. Bien qu'issue de la race intelligente et cultivée des Dragons Sages, Tsurann était naïve et innocente. Pleine de tendresse envers Talgya, elle ne supporta pas quand celle-ci, par une chaude après-midi d'été, déclara :
« Que donnerais-je pour voir le printemps revenir... il fait trop chaud ! Ensuite il va faire trop froid... non vraiment il n'y a que le printemps qu'y m'aille. Mais il est parti depuis un bon moment maintenant ! »
À ces mots et à cause de la moue ennuyée de son éleveuse, la petite dragonne cru qu'elle était réellement triste et décida de lui rendre le sourire.
Le soir même, alors que tout était calme sur l'île de Dragonea, Tsurann sortit de sa tanière et courut en direction de la forêt. Est-ce l'instinct qui lui dictait ou une simple affection pour ce lieu, mais elle pensait y retrouver ce « Printemps » enfui qui faisait souffrir Talgya. Tout la nuit durant elle retourna chaque pierre, secoua chaque branche et vérifia soigneusement derrière chaque tronc d'arbre. Mais l'aube arriva et « Printemps » restait introuvable. Tsurann soupirait en rentrant la tête basse, ses petites ailes pendant de dépit dans son dos. Un éclat de lumière lui fit cligner des yeux et lever la tête en direction des montagnes derrières lesquelles s'élevaient l'astre du jour. Soudain inspirée, la jeune dragonne velue se rengorgea et décida de poursuivre ses recherches. Désormais une chose était sûre pour elle : elle ne reviendrait pas sans « Printemps » !
Nul doute qu'elle passa le col des montagnes au peigne fin avant de les franchir ; après cela, elle du certainement revenir dans la partie civilisée de l'île par la côte, tout en fouillant les grains de sable, criques et autres lagons qu'elle du croiser. Dans ce même temps Talgya désespérait de retrouver Tsurann. Malgré l'aide que lui apportait les autres éleveurs, personne ne retrouva sa piste. Tous finirent par abandonner, laissant la jeune femme seule dans sa peine. Si elle continuait d'y croire un tout petit peu, il ne faisait aucun doute pour tout le monde que la petite dragonne, dehors depuis plusieurs jours, n'était plus de ce monde...
D'ailleurs, vous vous demandez sûrement comment une si jeune créature a pu survivre seule... âgée de tout juste dix mois au début de son périple, elle ne du sa survie que grâce à sa magie. Elle lui permis de capturer de petites proies, de se protéger des prédateurs et de se cacher des Dragons sauvages. Mais elle n'en eu besoin que dans les montagnes et au-delà. Car des rumeurs, que je soupçonne exactes, parle d'une petite dragonne sage abandonnée qui aurait volé de la nourriture sur les marchés des villages. On dit même qu'elle aurait retourné le mobilier de plusieurs maisons avant d'être violemment chassée.
Après ces déboires, elle se dirigea à nouveau vers la côte, guidée par l'odeur délicieuse de poissons grillés. Elle arriva dans un hameaux faisant office de port de pêche et de criée. C'est ici que sa quête allait prendre fin...
L'aventure démarra au beau milieu de l'été et c'est au premier jour du printemps suivant qu'elle se conclut. Un jeune homme du nom de Meujeuh, voyageur de son état et possesseur d'un petit voilier, arriva dans la bourgade où vivait Talgya ce premier matin de printemps. Il avait accosté sur l'île de Dragonea quelques semaines auparavant et ne venait pas si loin dans les terres pour le tourisme... Il était accompagné d'une dragonne sage d'un an et demi qui protégeait farouchement un morceau de planche entre ses serres. Il atteignit la demeure de Talgya et s'expliqua :
« J'ai poursuivit ce lézard sur des miles avant de le rattraper. On m'a dit qu'il vous appartenait et tout le monde à l'air étonné de le voir d'ailleurs ! »
Avant qu'il ait pu finir, le « lézard » en question bondit vers l'éleveuse. S'arrêtant juste à temps, sa tête enfouis dans le cou de Talgya, la dragonne l'entoura délicatement de ses ailes.
« Tsurann ? C'est bien toi... tu es revenue ?! »
Tout heureuse et fière, l'intéressée s'écarta en sautillant et tendit sa précieuse relique à son éleveuse. Celle-ci saisit le bout de bois verni et vit qu'il portait une inscription en lettre d'or.
« Un morceau de mon voilier... le Printemps. J'aimerais au moins être dédommagé ! »
À ce moment, Talgya éclata de rire... elle compris pourquoi Tsurann était partie. Et la jeune dragonne était revenue victorieuse avec le « Printemps » calligraphié en or sur son bout de planche.
Khidarion

Re: Lauréats du concours de nouvelles de Printemps

Message par Khidarion »

En deuxième place, Wolfgirl:

L'équinoxe de printemps

Il faisait froid. La nuit venait de tomber, les derniers rayons du soleil finissaient d'embraser la neige recouvrant collines et vallées. Dans quelques instants, la lune règnerait sur ce manteau blanc qui recouvrait le monde. Haru, une jeune fille d'une vingtaine d'années, fixait le paysage, assise sur une souche d'arbre recouverte de givre qui commençait à briller à la lueur des étoiles. Près d'elle, un grand dragon la regardait. Ses écailles presque translucides luisaient dans la nuit, les pics de son dos étaient semblables à des stalactites de glace et son regard glacé reflétait l'inquiétude de son éleveuse.

"Oui, je sais Fuyu, soupira Haru. Demain, le premier jour du printemps sera encore enneigé..."

Le dragon de glace poussa un grognement de dépit qui fut accompagné d'un nuage de vapeur sortant de ses naseaux. Haru se leva et caressa l'une de ses ailes transparentes.

"Mais ne t'en fais pas, lui souffla-t-elle en souriant. Je crois que j'ai une idée. Nous allons aller réveiller le dragon du printemps nous même."
Fuyu dressa les oreilles, l'air visiblement curieux. Il frotta sa tête glacée contre la joue de Haru et se coucha pour que celle-ci monte sur son dos. La jeune fille sourit et monta sur son dos en se calant entre deux épines dorsales gelées. Le dragon se redressa alors et, scintillant au clair de lune, il s'élança vers le ciel couvert d'étoiles pareilles à des flocons, laissant derrière lui un vent hivernal.

Toute la nuit durant, les deux amis survolèrent leur région endormie. L'hiver était omniprésent, de la plus petite aiguille de pin gelée aux rivières figées, en passant par le givre qui couvrait les rochers fendus par le froid. Haru avait la chance de connaître l'emplacement exact du légendaire dragon ; sa grand-mère lui avait conté maintes fois son histoire alors que, petite, elle buvait ses paroles avec fascination. C'est ainsi que, alors que la nuit s'éclaircissait enfin, Haru demanda à Fuyu de se poser devant une grotte dans les bois, dans laquelle ils entrèrent sans tergiverser. Ils arrivèrent alors dans une grande salle où sommeillait un grand dragon d'un vert très clair, roulé en boule. Sa taille démesurée laissait deviner qu'il devait être vieux de plusieurs siècles, voire de plusieurs millénaires. Haru n'hésita cependant pas à s'approcher, et elle posa doucement sa main sur le flan du dragon.

"Eh oh, appela-t-elle doucement... Spring ? Spring, il est temps pour toi d'accomplir ta mission..."

Le grand dragon ouvrit soudain un oeil jaune immense, semblable au soleil d'un nouveau printemps. Il regarda longuement Haru puis se leva en lui lançant un regard reconnaissant. Aussitôt, le sol se parsema de fleurs multicolores. Emerveillée, Haru sortit de la caverne, accompagnée de Spring et de Fuyu. Elle regarda le manteau blanc entourant la grotte et, sous ses yeux, plusieurs perce-neige étirèrent leurs pétales au-dessus de la neige, avides de chaleur et de lumière nouvelles. Haru poussa un cri de joie et, d'un petit coup de tête, le dragon du printemps la fit monter sur son dos. Il déploya des ailes immenses et s'envola, suivi de Fuyu qui semblait aussi heureux que sa maîtresse.

Ainsi, tout le jour, le fabuleux dragon du printemps survola le monde, laissant derrière lui des plaines parsemées de fleurs et des forêts dont les arbres s'étaient couverts de bourgeons, balayant la neige et le froid d'un battement d'ailes. Et, assise sur son dos, Haru profitait de ce moment magique, de l'équinoxe de printemps qui laissait ses yeux et son coeur emplis de rêves...
Khidarion

Re: Lauréats du concours de nouvelles de Printemps

Message par Khidarion »

Et enfin, en première place, Koneko!


Quel idiot je suis. Pourtant, je voulais seulement lui faire plaisir, la rendre heureuse. Après tout, elle m’a recueilli, a pris soin de moi; elle est la seule à m’avoir accepté malgré mon apparence, alors que tous me fuyaient. Elle souriait toujours en ma présence et quand elle grimpait sur mon dos et que nous nous envolions, elle riait, son rire était magnifique.

Alors pour la remercier, j’ai voulu lui offrir un cadeau. Pas juste un bouquet de fleurs maladroitement coupées, non, je voulais quelque chose qui vienne vraiment de moi. J’ai cherché, encore et encore, puis j’ai enfin eu l’idée parfaite; je savais quoi lui offrir. Ce n’était pas original, ce n’était pas grandiose, mais ça viendrait du cœur et en plus, elle adorait les sucreries.

Bien sûr, j’aurais pu me contenter de lui acheter un chocolat à la boutique du village, les gens m’auraient regardé bizarrement, et le marchand aurait probablement affiché un air terrifié à l’idée que j’abime son précieux magasin, mais je savais faire attention malgré ma forte corpulence. Toujours est-il, que ça ne me suffisait pas, je voulais faire ce chocolat moi-même, peu importait qu’il n’ait pas une de ces jolies formes de poule ou de lapin, j’étais persuadé qu’elle l’aimerait quand même.

L’ennui c’est que, par ma bêtise, elle n’aura pas l’occasion de le voir, elle ne saura même jamais que je lui préparais ce cadeau.

Je voulais juste allumer un petit feu… Assez chaud pour faire cuir mon chocolat… Je ne pensais pas que le feu atteindrait les bottes de paille empilées près de la maison, ni que ladite maison prendrait feu, ni que ma douce humaine ne se réveillerait pas et mourrait dans les flammes.

Désormais, je ne peux que partir. Voler seul, me perdre dans les montagnes et attendre que le temps passe. Si je pouvais la rejoindre, au moins pour m’excuser, je le ferais. Malheureusement, c’est impossible. Un dragon ne meurt pas si facilement, mais qui sait, peut-être que dans quelques millénaires le poids des années m’emportera. Je ne peux qu’attendre ce moment patiemment, désespérément, bercé par son souvenir.

Une chose est sûre, je ne l’oublierai jamais.
Verrouillé